Aller au contenu principal
strategie

RSE et sport pro : ce que les supporters attendent en 2026

310 000 tCO2e pour les matchs pro de foot et de rugby, charte des 15 engagements : comment votre club mesure et réduit son impact.

Liz Garnier

Liz Garnier

Un soir de match, des milliers de personnes convergent vers votre salle ou votre stade. La plupart viennent en voiture, une partie repart avec un gobelet jetable, et les projecteurs restent allumés une heure après le coup de sifflet final. Rien de tout cela ne se voit sur la feuille de match. Tout cela pèse pourtant dans le bilan environnemental de votre club, et vos supporters, vos partenaires et vos collectivités commencent à vous le demander.

La RSE d'un club sportif professionnel n'est pas réservée aux clubs de Ligue 1 dotés d'un service dédié. Ce guide s'adresse aux clubs de taille intermédiaire, en deuxième division ou en Pro B. Il fait le point sur ce qui est réellement obligatoire, sur la façon de mesurer votre impact et sur les actions que vos supporters remarquent sans que votre budget en souffre.

310 000 tCO2e : ce que le sport professionnel coûte à la planète

Dans son rapport intermédiaire « Décarbonons les stades » (juillet 2024), le think tank The Shift Project évalue les émissions des matchs professionnels de football et de rugby dans les stades à 310 000 tonnes équivalent CO2. Le transport y est le premier poste, avec environ 70 % des émissions. Lors d'un match national, le seul transport des spectateurs représente 63 % du total. Le rapport final « Décarbonons le sport » (février 2025) confirme l'ordre de grandeur, puisque, football et rugby confondus, amateurs compris, les déplacements représentent 49 % des émissions.

Deux enseignements pour un club professionnel :

  • Votre premier poste d'émissions n'est pas votre stade, c'est la route. Celle de vos supporters chaque soir de match, et celle de votre équipe en déplacement.
  • Les leviers les plus puissants sont donc partagés avec votre collectivité (transports, stationnement) et votre ligue (calendrier, déplacements), pas seulement internes.

Charte des 15 engagements, licence club : ce qui engage vraiment votre club

Entre ce qui est attendu et ce qui est obligatoire, la frontière est floue. Voici où elle passe.

La charte des 15 engagements écoresponsables du ministère des Sports est une démarche volontaire. Elle existe en trois versions :

  • une charte pour les organisateurs d'événements, avec des bilans à deux et quatre ans ;
  • une feuille de route sur quatre ans pour les fédérations et ligues professionnelles, qui couvre leur siège (achats, énergie, mobilités, partenariats, reporting) ;
  • un cadre pour les établissements du sport.

Les clubs n'en sont pas signataires en tant que tels, selon la présentation du ministère. En revanche, si votre ligue l'a signée, ses engagements finissent par se traduire dans ce qu'elle vous demande.

Côté obligations, le cadre se resserre surtout en football. Pour la saison 2025-2026, la LFP a ajouté deux éléments environnementaux à la licence club de Ligue 1 et de Ligue 2 : une plateforme de reporting des données et un protocole commun de calcul du bilan carbone, harmonisé avec l'UEFA (Football & Climate). En basket, la LNB mobilise ses clubs autour de Journées de l'environnement, une action volontaire.

Au niveau de la loi, rien n'impose encore de stratégie environnementale aux sociétés sportives. L'amendement qui proposait de l'inscrire dans le code du sport a été rejeté en juin 2026 lors de l'examen du texte sur le sport professionnel, devenu la loi n° 2026-725. Pour ses autres effets sur votre club, lisez notre décryptage de la réforme du sport professionnel.

Ne rien faire reste donc légalement possible pour beaucoup de clubs. C'est pourtant un pari risqué : en football, pour l'instant, les exigences de reporting arrivent déjà par la ligue.

Bilan carbone d'un club sportif : comment mesurer, par où commencer ?

Impossible de réduire ce que l'on ne mesure pas. Le PSG l'écrit lui-même : la mesure des émissions via un bilan carbone est « la pierre angulaire » de ses actions climat, selon sa page RSE. Pas besoin d'en avoir les moyens pour démarrer.

Stade éclairé de nuit par ses projecteurs, poste énergie du bilan carbone d'un club sportif Photo : Siarhei Nester sur Pexels

Une démarche réaliste en trois temps :

  1. Suivez le protocole de votre ligue s'il existe. En Ligue 1 et Ligue 2, c'est désormais le cadre commun. Ailleurs, appuyez-vous sur une méthode reconnue et gardez la même d'une saison à l'autre, sinon vos chiffres ne seront pas comparables.
  2. Commencez par les données que vous avez déjà : factures d'énergie du siège et de la salle (si vous en êtes gestionnaire), déplacements de l'équipe première, achats de restauration et de merchandising.
  3. Ajoutez la mobilité des supporters, le poste le plus lourd. Un simple questionnaire en billetterie (mode de transport, distance parcourue) suffit pour une première estimation, à condition d'avoir un échantillon suffisant.

Partagez ce premier bilan avec votre collectivité, souvent propriétaire de l'enceinte et autorité organisatrice des transports : une partie des leviers est entre ses mains, et un chiffre commun facilite la discussion sur une navette ou un parking vélo.

Le résultat n'a pas besoin d'être parfait la première année. Il doit surtout vous montrer où sont vos deux ou trois postes principaux pour concentrer vos efforts.

Les 5 actions RSE que vos supporters remarquent (et qui coûtent peu)

Une démarche RSE crédible se voit en tribune, pas seulement dans un rapport. Cinq actions concrètes :

1. Faciliter le transport décarboné les soirs de match. Négociez avec votre collectivité des navettes ou des horaires de tram adaptés, des parkings vélo sécurisés, une plateforme de covoiturage. Au Parc des Princes, 50 % des supporters utilisent déjà des moyens de transport décarbonés, selon le PSG.

Tramway en ville, alternative à la voiture pour rejoindre le stade un soir de match Photo : Egor Komarov sur Pexels

2. Passer aux gobelets consignés. Le Stade de France, Marseille et Nantes proposent des gobelets consignés de 1 à 2 €, d'après le guide « Zéro plastique à usage unique dans le sport » du ministère. Le même guide recommande des gobelets neutres, sans logo ni millésime, réutilisables d'une saison à l'autre, avec un taux de retour visé de 90 %.

3. Rendre l'eau gratuite visible. Depuis le 1er janvier 2022, la loi AGEC impose au moins une fontaine d'eau potable gratuite et signalée dans les établissements recevant plus de 300 personnes, stades compris. Si votre salle en a, signalez-la. Si elle n'en a pas, c'est une mise en conformité, pas une option.

4. Réduire l'énergie de l'enceinte. Extinction programmée de l'éclairage après la sortie du public, chauffage et climatisation pilotés selon le calendrier des matchs. Le PSG annonce –15,9 % de gaz et –8,3 % d'électricité au Parc des Princes entre les saisons 2022-2023 et 2023-2024. À votre échelle, l'ordre de grandeur des gains se joue d'abord sur les horaires.

5. Revoir la boutique. Textiles durables, petites séries, emballages réduits : la boutique est l'endroit où la démarche du club se voit le plus. Nos pistes pour le merchandising d'un club sportif s'appliquent aussi à ce volet.

RSE et sponsors : documenter pour convaincre

Les grands partenaires publient eux-mêmes un reporting extra-financier. Quand ils choisissent un club à soutenir, une démarche RSE documentée pèse dans la balance : bilan initial, objectifs, résultats de la saison.

Trois règles pour en faire un argument commercial sans tomber dans le greenwashing :

  • Montrez des chiffres, pas des intentions. Un taux de retour de gobelets ou une part de supporters venus en transport en commun convainc plus qu'un slogan.
  • Proposez des actions co-portées : le partenaire finance les gobelets consignés, une navette, un parking vélo, et sa marque y est associée.
  • Communiquez avec mesure. Une action modeste présentée honnêtement vaut mieux qu'une promesse spectaculaire que vos supporters démonteront en commentaire. Nos conseils sur la stratégie réseaux sociaux des clubs pro vous aideront à trouver le ton juste.

Plan d'action sur 90 jours pour démarrer cette saison

Mois 1 : nommer et mesurer. Désignez un référent RSE, même à temps partiel. Rassemblez les factures d'énergie et les données de déplacement de l'équipe. Vérifiez ce que votre ligue demande ou va demander.

Mois 2 : interroger et choisir. Lancez le questionnaire mobilité auprès des supporters. Retenez deux actions visibles de la liste ci-dessus, par exemple gobelets consignés et transport le soir de match. Ouvrez la discussion avec un ou deux partenaires prêts à les cofinancer.

Mois 3 : lancer et informer. Déployez les deux actions et dites-le à vos supporters au bon moment : avant le match, pour l'itinéraire en transport en commun ; pendant, pour la consigne des gobelets. Mesurez dès la première rencontre.

C'est là qu'une appli de club fait la différence. Vos supporters la consultent déjà pour les scores en direct, le calendrier et le classement. Elle vous permet aussi de leur envoyer une notification push quelques heures avant le coup d'envoi (« Navette gratuite depuis la gare dès 18 h ») et de publier vos actualités RSE là où ils les liront vraiment.


Vous voulez parler à vos supporters là où ils suivent déjà vos matchs ? Demandez une démo Livesports : nous vous montrons comment l'appli de votre club relaie scores en direct, calendrier et notifications le jour du match.

Plus d'articles pour les clubs professionnels dans notre guide complet.

Prêt à engager vos supporters ?

Rejoignez les clubs qui ont adopté LiveSports.

Réservez votre démo